Flashcode garden

photos : Wagon et Studio Basta

Le nouveau musée du Lin s’installe en bord de Leie, à Courtrai, et célèbre un passé où la culture du lin constituait une richesse majeure du territoire. Face au faible budget pour requalifier les espaces publics attenants, l’équipe propose un aménagement économe, fondé sur le réemploi du parking existant, considéré comme une ressource plutôt que comme une contrainte. Le projet devient ainsi un exemple de la capacité des espaces publics urbains à recycler leurs usages sans reconstruction lourde.

Le jardin-parvis s’appuie sur un dessin simple et immédiatement lisible : le flashcode du musée devient le plan générateur du projet. Les pleins du motif sont plantés de Miscanthus giganteus, formant une masse végétale dense et très graphique. Les vides ménagent des chambres ouvertes dans les hautes herbes, ponctuées de quelques chaises d’arbitres de tennis. La confrontation entre une plantation puissante et les matériaux bruts déjà présents — asphalte et gravier — permet une transformation radicale de l’espace, tout en conservant la mémoire du sol.

Le projet repose sur un recyclage maximal du site. Le nivellement, les réseaux et l’assainissement sont maintenus. Le bitume est simplement découpé, des fosses de plantation sont créées. Ce choix garantit un sol très praticable, limite les coûts, évite la création de nouveaux réseaux et l’installation d’un éclairage, et permet une mise en œuvre rapide, réalisée en cinq mois avec l’appui des habitants.

L’utilisation d’une seule plante simplifie l’entretien, réduit à une fauche annuelle en fin d’hiver. Au fil des saisons, le jardin évolue fortement, rappelant les cycles des cultures en champ : jeunes pousses au printemps, grandes tiges en été et en automne, sol nu en fin d’hiver. La perception de l’espace se transforme continuellement, passant d’un grand parvis ouvert à un paysage de méandres de massifs puis à une forme labyrinthique.